L'Assemblée nationale a approuvé jeudi en première lecture et à l'unanimité l'abrogation du "Code noir" et l'ensemble des textes ayant réglementé l'esclavage dans les colonies françaises.** Cela n'avait jusque-là jamais été formellement abrogé après 1848. *"Je suis fier que ma nation, même si c'est tard, **ait enfin abrogé ce texte infâme"**,* a déclaré dans la foulée du vote sur franceinfo Steevy Gustave, descendant d'esclaves et député écologiste de l'Essonne.
[Pourquoi l'abrogation du Code noir, examinée jeudi à l'Assemblée, est une mesure plus symbolique que juridique]('https://www.franceinfo.fr/politique/pourquoi-l-abrogation-du-code-noir-examinee-jeudi-a-l-assemblee-est-une-mesure-plus-symbolique-que-juridique_8016368.html')
À la tribune de l'Assemblée Nationale, le député écologiste a rendu hommage jeudi à sa famille, dont une partie était des anciens esclaves dans les colonies françaises. "C'est mon histoire, mais comme celle de beaucoup d'Ultramarins", commence par rappeler Steevy Gustave.
L'abrogation de ce "Code noir" doit permettre, selon lui, de faire évoluer les mœurs : "Quand on parle de ces territoires [ultramarins], on voit que les inégalités perdurent. On n'est pas traités pareils qu'en Hexagone". C'est pourquoi, le député écologiste de l'Essonne espère que ce vote sera suivi d'effets concrets. "Il y a une partie pédagogique importante, d'éducation aussi (...) Il faut qu'il y un vrai travail établi dans les écoles et les universités", dans les programmes et manuels scolaires notamment, explique le député.
"C'est notre mémoire partagée, c'est nos traumatismes ensemble", conclut Steevy Gustave qui annonce qu'il doit déposer jeudi une proposition de loi visant à la réparation des préjudices résultants de la traite et de l'esclavage. Il répond ainsi aux critiques de certains historiens craignant que l'abrogation du "Code noir" ne ferme la porte à de possibles réparations.